Corentin Pellicier

13 mars 2017

S’ADRESSER À LA VIE AVEC HUMOUR ET LA TOURNER EN DÉRISION, C’EST UN PEU LE TAFF DE L’ARTISTE CORENTIN PELLICIER. ORIGINAIRE D’ALBERTVILLE, COCO, VIT AUJOURD’HUI À PARIS. DANS CETTE VIE ET VILLE EUPHORIQUE IL EST BON D’ÉCHANGER AVEC DES ARTISTES INSPIRANTS, DE DÉCOUVRIR ET FEUILLETER DES HISTOIRES QUI FONT SOURIRE. CHEZ MIXN:MATCH NOUS AIMONS LES DESSINS DE CORENTIN, ILS SONT COMME UN ÉCLAT DE RIRE ENTRE DEUX BLAGUES CARAMBAR, ÉTONNANT COMME UN PAS DE DANSE IMPROVISÉ DANS LA NUIT…UNE SIMPLICITÉ BÉATE QUI PARFOIS EXPRIME NOS PENSÉES LES PLUS TROUBLES. SES OEUVRES SONT EMPREINTES DE JOIE ET DE SÉRÉNITÉ, TEL UN CHAT QUE L’ON CARESSE SUR NOS GENOUX…  

« LA COULEUR EST UN DES ÉLÉMENTS QUI ME PERMET D’ORIENTER MON TRAVAIL VERS UNE IMAGERIE NAÏVE ET INSOUCIANTE. »

Corentin, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut ! Je m’appelle Corentin j’ai 22 ans, j’ai eu mon permis en 2012, j’adore les chats qui ronronnent, les anarchistes des années 60, je dessine et je vis actuellement à Paris avec ma hlel.

Comment définirais-tu ton univers en 4 mots ?

C’est au final assez difficile pour moi de prendre assez de recul sur mon travail pour pouvoir le résumer en 4 mots, mais si on me mettait un couteau sous la gorge je dirais : brut, naïf, enfantin, léger.

De quoi parle ton travail ?

Au travers de mes créations, j’ai la volonté de plonger le spectateur dans un univers du possible où tout un chacun a sa place, par des traits maladroits trempés d’insouciance, de naïveté, et de liberté. Personnages souriants, murs de briques colorées, chats et longues chevelures s’entremêlent, s’affrontent et s’accordent pour mettre en image ce que je vis et vois, les choses et gens qui m’entourent ou ce que je ressens.

Mon univers est à la fois très personnel, car j’y évoque des histoires, des situations qui se réfèrent à ma vie, et particulièrement commun, accessible par sa nature enfantine qui évoque des souvenirs dans laquelle la plupart des gens peuvent se retrouver. Mon travail traite de choses simples qui sont au cœur de ma quête d’une vie Feng-Shui.

Quelles sont tes influences ? As-tu des secrets pour trouver de l’inspiration ?

Comme tout le monde, je passe du temps sur les réseaux sociaux, sur lesquels je suis le travail de beaucoup d’artistes tels que Paul Loubet, Germes Gang, Fuzi, 2SHY, Steffie Brocoli, Mina Hamada, les potes Monstr, Brokovich… Pour ne citer qu’eux. Y’a aussi des choses super cool dans les musées comme Le Douanier Rousseau, Diego Rivera, Basquiat, Grant Wood, Magritte, Münch, Gauguin…

POUR L’INSPIRATION, IL SUFFIT DE FAIRE DES TRACTIONS À UN BRAS EN RYTHME SUR DU CHEB KHALED !

Je ne pense pas qu’il y ait de secret. Je vis ma vie, je me balade dans mon quartier, dans le métro, de jour, de nuit, j’analyse les gens, les objets, des situations me marquent, puis me reviennent en tête plus tard, et me donnent des idées. Malheureusement, l’inspiration vient rarement quand je la cherche ! Lorsque j’ai besoin de trouver une idée, j’en prend conscience et je me mets alors à réfléchir au fait de devoir avoir une idée plutôt que d’en trouver une… On me met des bâtons dans les roues !

Quel moment préfères-tu lorsque tu crées une nouvelle illustration ?

Tout dépend de ce que je fais ! Quand je fais de la peinture, je commence par faire des aplats de couleur. Une fois que j’ai terminé, je trace mes contours et c’est à ce moment que je me rends compte si ce que j’ai fait me plait ou pas. Quand je dessine sur mon ordi je commence par les contours, que je viens remplir par la suite. En fait mon moment préféré c’est simplement quand j’ai terminé mon dessin et que j’en suis content !

 « MON TRAVAIL TRAITE DE CHOSES SIMPLES QUI SONT AU CŒUR DE MA QUÊTE D’UNE VIE FENG-SHUI. »

Tu dessines beaucoup de personnages, qui sont ces gens, tu t’inspires de ton entourage ?

Les personnages que je dessine représentent ma famille, ma copine, mes potes, il arrive que je me mette en scène, mais ils peuvent aussi bien être imaginaires. Je dessine ceux qui m’influencent, et c’est à travers eux que je me dévoile, que je grandis. C’est important pour moi de les mettre en avant car c’est une façon de leur rendre ce qu’ils m’apportent. Je les utilise pour raconter une histoire, une scène que j’ai vécue, ou des instants qui m’ont fait réagir.

Quel genre de musique tu mets en fond sonore quand tu dessines ?

J’écoute un peu de tout mais généralement je mets un son sur YouTube, puis je laisse la lecture automatique faire son boulot… jusqu’à ce que j’intervienne au bout de quelques heures parce que ça part trop loin. Je me redirige alors vers quelque chose qui plaira à mon ouïe pour sûr : Brassens, Les Sages Poètes de la rue, Nirvana ou Tchaïkovski.

Tu utilises beaucoup la couleur. Qu’est-ce que cela symbolise pour toi ?

La couleur est un des éléments qui me permet d’orienter mon travail vers une imagerie naïve et insouciante. Dans mes dessins, elles se confrontent tout en formant un ensemble harmonieux. Je me sers parfois de la couleur pour me différencier, notamment dans le graffiti. Je trouve ça vraiment marrant de peindre de grosses lettres roses jaunes et bleues dans la rue avec un tracé d’enfant, alors que la plupart des gars font des trucs un peu véner.

« J’AI LA VOLONTÉ DE PLONGER LE SPECTATEUR DANS UN UNIVERS DU POSSIBLE OÙ TOUT UN CHACUN A SA PLACE, PAR DES TRAITS MALADROITS TREMPÉS D’INSOUCIANCE, DE NAÏVETÉ, ET DE LIBERTÉ. »

Tu penses que la créativité est importante dans notre société ?

Je pense que la créativité, plus qu’importante est nécessaire. C’est à travers elle que l’on s‘épanouit, que l’on se renouvelle, que l’on avance. La créativité est une échappatoire à la routine, la monotonie à laquelle on accorde que trop peu d’importance.

Ça t’évoque quoi la slow life ? En tant que slow média, chez mixn:match on prône la qualité à la quantité.

En réalité pas grand-chose ! J’aime prendre le temps de faire les choses bien, je n’aime pas être pressé mais ce n’est pas un mode de vie que j’essaie de respecter. Mais il est clair que j’ai pour habitude de m’appliquer lorsque je me lance dans quelque chose, et que cela ne me dérange pas d’y passer du temps pour obtenir quelque chose dont je pourrai être satisfait.

Des projets pour les mois à venir ?

La deuxième étape de l’exposition interactive Gifle qui rassemblera une 20aine d’artistes internationaux et qui aura lieu à Paris cet été, que je co-organise avec les copains de la galerie Art By Friends d’Annecy ! Chaque artiste doit créer une peinture et un gif qui doivent être en interaction l’un et l’autre. Pour la 1ère étape, il y a eu des trucs vraiment chantmé (tu peux avoir un rapide aperçu ici : http://www.toboggang.com/gifle.html).

Il faut aussi que je finalise et publie une vidéo que j’ai réalisée l’été dernier, dans laquelle ma meuf et moi avons filmé des dizaines de paires de pied dans des tongs, sandales, babouches ou autres tataneries dégueulasses dans le métro de Lyon et Paris, pour dénoncer et nous dresser contre ce fléau qui chaque année fait des ravages visuels.

« LA CRÉATIVITÉ EST UNE ÉCHAPPATOIRE À LA ROUTINE, LA MONOTONIE À LAQUELLE ON ACCORDE QUE TROP PEU D’IMPORTANCE. »

Retrouvez Corentin et son univers sur son site : http://cocomissaire.fr/

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INTERVIEW PAR DEBORA ATTAL

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